

Trois agents ont été sérieusement touchés dans la nuit de dimanche à lundi par un homme refusant de se faire contrôler.
Trois policiers ont été blessés dans la nuit de dimanche à lundi après un refus d’obtempérer survenu sur le périphérique au nord de Nantes, a appris Le Figaro de source policière, confirmant une information de Ouest-France. Aux alentours de 23 heures, un véhicule roulant à vive allure a attiré l’attention des agents. Ces derniers ont tenté de le contrôler, en vain. Le fugitif, qui était équipé d’une plaque d’immatriculation non conforme, « a pris la fuite sur l’axe Nantes-Saint-Nazaire entre la RN 165 et la RN 171 », a indiqué ce matin dans un communiqué de presse la préfecture de Loire-Atlantique.
Après une « course-poursuite » d’une demi-heure à l’ouest de Nantes, la voiture en fuite a fait « soudainement » demi-tour pour « volontairement percuter le véhicule d’un équipage de police », a détaillé en fin de journée le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’une visite au commissariat de police central de Nantes. Le choc a été selon lui d’une « extrême violence ». « Nous ne laisserons rien passer », avait-il réagi ce matin sur X.
Le ministre, accompagné du directeur général de la police nationale et du préfet de Loire-Atlantique, a rendu visite dans l’après-midi à l’un des agents blessés, toujours hospitalisé. Une enquête pour « refus d’obtempérer » et « tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l’autorité publique » a été ouverte, a indiqué le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, et confiée à la brigade de recherche de la gendarmerie.
Le fugitif défavorablement connu de la police
« Quand on voit l’état du véhicule, ça aurait pu être bien pire », a souligné lundi matin Éric Eudes, directeur adjoint de la direction interdépartementale de la police judiciaire (DIPN) de Loire-Atlantique, lors d’un point presse au cours duquel il a précisé que trois policiers étaient
« sérieusement blessés ».
« Le premier, élève gardien de la paix, a des blessures internes. Il est hospitalisé avec une suspicion d’hémorragie », a fait savoir le commissaire divisionnaire, apportant son soutien aux blessés et à leurs familles. Ce trentenaire, le plus grièvement touché, a été pris en charge au CHU de Nantes. Après avoir effectué la première partie de sa carrière dans l’armée, il est actuellement stagiaire au sein de la police nationale. Les deux autres blessés, de la police secours de nuit, souffrent de fractures et de contusions. Ils ont été hospitalisés à Saint-Nazaire. Leur pronostic vital n’est pas engagé.
Le fugitif, un quadragénaire domicilié à Missillac (Loire-Atlantique), a lui aussi été pris en charge à l’hôpital de Saint-Nazaire. Il est défavorablement connu des services police, pour des actes de délinquance relevant de vol et violence. Les investigations devraient permettre de comprendre pourquoi le conducteur « cherchait à échapper au contrôle de police, et pourquoi il était prêt à prendre tous les risques », a rapporté Éric Eudes.
Le ministre de l’Intérieur réagit
Le préfet de la Loire-Atlantique, Fabrice Rigoulet-Roze a condamné « avec la plus grande fermeté cet acte inqualifiable qui a mis en danger la vie des policiers et de nombreux usagers de la route et partage avec l’ensemble des policiers [son] émotion », apportant son soutien aux agents blessés mais également à l’ensemble des effectifs de la police nationale. En 2025, 28.200 refus d’obtempérer ont été enregistrés en France, soit 11% de plus qu’en 2024.
« Alternative Police CFDT 44 apporte son soutien aux trois policiers blessés suite à un énième refus d’obtempérer. La colère l’emporte chez les policiers usés par ces comportements criminels », a réagi auprès du Figaro Thierry Audouin, secrétaire départemental du syndicat. « Alternative Police CFDT 44 réclame la plus grande fermeté de la justice. Réagir vite ! Réagir fort ! », a-t-il terminé.