Benjamin Camboulives, porte-parole d’Alternative Police CFDT, analyse le lien entre immigration, insécurité et crise de la justice, à partir des chiffres officiels du ministère de l’Intérieur.
Il rappelle notamment que :
- « 8 % d’étrangers sur le territoire, 25 % de détenus étrangers » – une surreprésentation qui traduit avant tout l’échec de la politique d’intégration, saturée par le nombre.
- Environ un quart des détenus présente des troubles psychiatriques qui devraient relever d’établissements spécialisés fermés, et non de la prison.
- Avec une densité carcérale à 136 %, la prison n’est plus dissuasive, ce qui fragilise la capacité de la justice à protéger la population.
Benjamin Camboulives insiste sur une triple urgence :
- Renforcer les moyens de la police, en particulier l’investigation, alors que 3,5 millions de procédures sont en attente et que la filière enquête souffre d’un grave manque d’attractivité.
- Redonner de la force à la justice, sans quoi le travail des forces de l’ordre se résume à « remettre en liberté » des personnes interpellées faute de suites.
- Repenser la politique d’intégration et de maîtrise de l’immigration, pour éviter que des personnes fragiles, parfois polytraumatisées et en errance, ne soient récupérées par les réseaux de stupéfiants, de cambriolages ou de prostitution.
Il rappelle enfin que plusieurs facteurs se cumulent dans le passage à l’acte (familles monoparentales, déscolarisation, toxicomanie, parcours migratoire, etc.) et que parler des chiffres n’implique aucun amalgame avec l’ensemble des étrangers.
Alternative Police CFDT demande un grand plan de recrutement pour la police nationale, une revalorisation de la filière investigation et une justice dotée de moyens à la hauteur de l’augmentation des violences.